Je suis une mouche, je grimpe le long d'un vitre, je dégringole, je recommence à grimper. Quelquefois, je sens la caresse du temps qui passe d'autres fois- le plus souvent- je le sens qui ne passe pas. De tremblantes minutes s'affalent, m'engloutissent et n'en finissent pas d'agoniser; croupies mais encore vives, on les balaye, d'autres les remplacent, plus fraîches, tout aussi vaines; ces dégoûts s'apellent le bonheur. (Sartre)

Je suis une mouche, je grimpe le long d'un vitre, je dégringole, je recommence à grimper. Quelquefois, je sens la caresse du temps qui passe d'autres fois- le plus souvent- je le sens qui ne passe pas. De tremblantes minutes s'affalent, m'engloutissent et n'en finissent pas d'agoniser; croupies mais encore vives, on les balaye, d'autres les remplacent, plus fraîches, tout aussi vaines; ces dégoûts s'apellent le bonheur. (Sartre)
Il y a des gens qui méritent qu'on leur écrivent un roman. Il s'est écoulé tellement de temps déjà, j'ai l'impression que le temps passe beaucoup trop vite. C'est certain, en réalité, le temps passe beaucoup trop vite. Et, désespérement, je m'accroche au temps. Parce que je sais que je n'ai pas envie de grandir, je n'ai jamais eu envie de grandir. Peter Pan a toujours été mon Dieu (au milieu de tant d'autres). Oui, je suis restée persuadée que j'étais amoureuse de Peter Pan pendant de nombreuses années. Jusqu'a ce que je me rende compte que ce n'était pas possible, qu'il était innaccessible. En vérité, cela n'a pas vraiment changé. C'est horrible de revenir à la réalité, c'est horrible de se dire simplement qu'on ne peut rien y faire, que, de toute façon, on va grandir. La réalité est horrible en fait. Tu sais, je me dis chaque année, en adoptant cette habitude stupide que sont les bonnes résolutions, que je vais arrêter de vivre dans mes rêves de gamine.Que, je vais enfin essayer de revenir deux minutes sur terre pour me rendre compte de la violente réalité de la vie. Pourtant je n'y parviens pas, je n'arrive pas à me dire qu'il n'y a plus d'espoir. Et s'il suffisait simplement d'y croire. Je continue de faire un voeu quand je vois une étoile filante avec la folle envie qu'il se réalise un jour. Je continue de pleurer devant les dessins animés et les films à l'eau de rose. Mais, parfois, on se rend compte que croire ne suffit plus. Je ne sais pas pourquoi ces moments-là ce sont systématiquement repétés durant les deux derniers mois. Ces moments où la réalité m'a frappé de plein fouet, et où je ne pouvais plus croire en rien. Le problème, c'est que durant ces longues nuits où je n'en peux plus de pleurer, je me jure de ne plus y croire, de ne plus jamais y croire. Mais je ne suis pas prête. Je ne serais jamais prête à l'affronter, cette saleté de réalité. Je continue de vivre ailleurs. Je continue de vivre dans un rêve, dans une abondance extrême d'espoir indissoluble. Pourtant, je ne peux vivre que comme ça, qu'avec ça, qu'avec tout cet espoir. Tu sais, au fond, je me dis que tout va bien. Je ne saurais pas vraiment expliqué pourquoi j'ai ça en tête en ce moment. Il me manque des choses, c'est vrai. Mais voilà, il y juste des gens, ceux qui mériteraient qu'on leur écrive un roman. Il y a Lui et son anniversaire où je me suis juste assise sur le canapé en regardant le monde et les lumières tournant autour de moi, en me laissant submerger par Red Socks Pugie des Foals et en me disant juste qu'ils étaient parfaits, eux, mes amis. Que tout était parfait. Je ne sais pas, rien que de voir ses larmes aux yeux quand j'étais dans ses bras, rien que de voir cette façon de me dire que tout ira bien désormais, de voir leurs sourires, rien que ça. C'est leur amitié qui me rend vivante. Leur façon à eux de me protéger, de ne rien me cacher, de ne pas me mentir même si cela doit me faire mal, sa franchise inébranlable et ses messages pour s'excuser et pour me dire qu'il m'aime. Ca faisait longtemps que je ne m'étais pas senti aussi bien entouré. C'est vrai, elles ont toujours étaient là, elles. (et celles qui sont loin). Mais depuis qu'il est là, il y a quelque chose d'autre, encore. Cette fête était parfaite, comme eux, comme tout. Je me suis retrouvée trempée et le visage tartiné de gateau au chocolat, et pourtant je souriais toujours. L'air est glacial dans le jardin, pourtant je reste assise sur le mur, me perdant dans les lumières de la nuit et essayant de comprendre quelque chose à ce qu'il me dit. Encore quelqu'un de génial. "Je suis heureux de te connaître, vraiment heureux". Ca te redonne envie de vivre, tout ça. Puis, il y cette pourriture de St Valentin qui arrive. Cette fête que tu trouves tellement stupide quand tu es seule (ou pas). Pourtant, cette année, tu t'enfuies et puis tout redevient parfait (parfait, parfait, ce mot m'agrippe en ce moment). Londres. Tu sais, cette ville est belle, en fin de compte. Et j'y ai laissé quelques souvenirs tout aussi beau. Tu bois ton Frappuccino strabuckien sur Oxford Street, et tu te dis sérieusement que la vie est belle. Un Starbucks sur Oxford Street, et des gens. Tu deviens hystérique, tes lunettes de Geek achetée à Camden sur le nez et des poches remplies à Covent Garden. Comme si ma vie se limitait au shopping (ce qui est tout à fait vr..faux). Londres, c'était aussi les longues heures dans le métro à attendre que la voix automatique résonne pour t'annoncer que "The next station is Canada water". C'était aussi les rues parcourues dans tous les sens, s'émerveillant devant la moindre cabine téléphonique, le moindre bus, le moindre taxi. C'était aussi marcher dans Notting Hill en pensant à un film avec Hugh Grant, à l'amour et à tout ça. J'ai croisé Dali dans un couloir du Tate Modern et j'ai vu DADA sur un mur. Au final, tu t'arrêtes devant un skate park, tu es comme figée, marquée par les images de Paranoid park. Gus Van Sant est un génie. C'est tellement troublant de voir ce qu'il se passe dans la tête des gens. No one is ever really ready for Paranoid park. J'aime la façon dont c'est filmé, cette limite invisible entre la réalité et le rêve. Ca résume assez bien ma vie en fin de compte. Je vais me replonger dans l'atmosphère troublante d'une salle sombre et, enfin, mon dieu enfin, voir Harvey Milk; parce que là, je ne peux plus tenir. Au final, je préfère Paris moi. Mais tout de même.. Je reviens dans ma ville ridicule, celle où j'ai laissé toute ma vie, là où elle sera toujours, ma vie. Je reviens, donc, genre Londonnienne éphémère. Mais après tout, ca me suffit. Londres me manque, mais je les ai retrouvés, eux, avec tout la bonne humeur que nous apportait les quelques rayons de soleil retrouvés. Tu recommences à t'allonger dans l'herbe, essayant de profiter de la douce chaleur sur ta peau, consciente qu'elle ne durera pas, que les nuages finiront par cacher le soleil, comme toujours. C'est tellement beau, d'avoir rencontrer quelqu'un avec qui je pouvais rire comme avec elles, à qui je pouvais tout dire, et qui me disait tout. Tout prend un tournent que tu n'avais pas envisagé. Le vent suit son cours, il tourne, les gens s'aime, ils se quittent, mais au final, c'est pareil. Tout le monde finit par s'aimer. Tu redeviens faussement hystérique durant un demi-seconde grâce à quelques mots échangés qui te mumurent que tu n'as pas à te sentir ridicule. Même si tout est fini, je peux continuer à vivre. Je peux continuer d'y croire. je peut continuer, tout court. Et tu te réveilles en écoutant The Kills, parce que Black Balloons est un chef d'oeuvre et surtout parce qu'Alison Mosshart, c'est ton rêve (d'être elle?). Tu bois des litres de thé, The Kills, mélancolique, et encore pleine d'espoir.
Photo: Hyde park.

# Posté le jeudi 12 février 2009 17:13

Modifié le lundi 09 mars 2009 16:41

Peut-être qu'il trouvait, captif, son préau chaque jour plus étroit, et qu'il se souvenait des évasions qui jadis le menaient à un lit d'enfant où il dormait demi-nu, chaste et voluptueusement seul. (Colette)

Peut-être qu'il trouvait, captif, son préau chaque jour plus étroit, et qu'il se souvenait des évasions qui jadis le menaient à un lit d'enfant où il dormait demi-nu, chaste et voluptueusement seul. (Colette)
Je regarde la pluie se poser sur la vitre et ses gouttes qui roulent lentement, jusqu'au moment de disparaître dans la brume et dans cette eau qui n'en finit plus de tomber. Je ferme les yeux, comme si cela allait me permettre de faire abstraction du bruit de la pluie. J'aimerais simplement pouvoir écouter encore le resonnement du piano. Cela fait quelques heures que je n'ai pas bougé, me laissant emporter par les notes délicates de Ludivico Einaudi. Mes yeux ne demandent qu'à se fermer, juste pour rattraper quelques heures de sommeil perdues au milieu d'un rêve. La pluie ne cesse de tomber depuis trois jours. Je hais la pluie, mais j'attend impatiemment la saison qui s'installe entre ces averses. Les soirées envellopées dans un châle, et le goût d'un thé chaud au fond de la gorge. Le Boulevard illuminé, ensevelli sous un espoir de neige, qui sera à peine tombée. Et des lettres écrites sur la vitre embuée d'un souffle froid. Mais pour l'instant, il pleut. Pourtant, je commence à ressentir ce même sentiment. Celui de vouloir être dans d'autres bras que ceux d'une couverture en coton. Je lui faisait part de ces refléxions, lorsque l'on remontait la rue vers la fête foraine. Nous nous sommes retrouvé devant un éternel chocolat chaud, les doigts collant après une Barbe à Papa vite avalée. Cette Barbe à Papa qu'il me devait après avoir couru à cloche pieds jusqu'au monument au morts, un soir froid et étoilée d'automne. Je respire enfin l'air que j'attendais, et je me sens bien, tout simplement. On s'engouffre dans le cinéma. On reste absorbée par l'écran géant durant plus d'une heure. On ressort avec quelques étoiles dans les yeux et un air abruti. Woody Allen est un réalisateur formidable. Nous sommes partis en Espagne quelques jours, nous sommes tombées amoureuses. Voilà dans quel état d'esprit, je suis partie. Il faisait déjà nuit, lorque nous sommes rentrés dans la gare. Les gares sont des endroits qui m'émeuent particulièrement. Va savoir pourquoi. Je suis une passionnée de gare. Le train arrive dans un ronronnement agréable. Nous sommes toutes les trois, affalée sur une banquette. Eline dessine des soleils sur la vitre glacée. Mais cela n'arrête pas l'averse. Nous arrivons finalement dans une gare que je ne connais pas. Le temps est désastreux, mais après quelques pas dans la boue, tout s'illumine mystérieusement. Les rires n'en finissaient plus, même recroquevillés dans le froid. Je me reveille, emmitouflée dans une couette, sur un canapé défoncé. On se retrouve entassées à l'arrière d'une voiture, la fenêtre ouverte laisse nos cheveux s'envoler dans le vent frais matinal. On se sent comme libre, emportés par un vieil air de musique. Le sentiment ressenti après cette soirée me parut envoutant pendant quelques heures, puis il a commencé à flotter loin dans mes pensées, un peu sali. Les ciels étoilés ne me quittent plus de leurs yeux brillants. Je frémis au premier souffle de vent et au premier rire. Nous sommens en retard. Nous dévalons le Boulevard, bousculant quelques passants. Nous sommes acceuillis par des sourires, qui m'ont prouvé, une fois pour toute, que ma classe était formidable. Tout ça, c'était avant la gare, le train et la pluie. Les couleurs de la fête foraines me piquaient les yeux, et je n'en pouvait plus de laisser échapper mon rire quelque part au milieu de la foule d'élève qui envahissaient la ville ce soir-là. Je me suis finalement habituée à tout cela, à tout ce changement et à toute ces nouvelles têtes. Je me suis simplement dit qu'il ne fallait pas que je commette la même erreur. Il ne fallait pas que je m'enferme dans la fatalité. Il a fallu quelques sourires et des mots pour que je puisse enfin me sentir bien avec eux. Et, desormais, je ne peux presque pas être aussi heureuse. (Mich n'arrête pas de chanter quand il a trop bu, et c'est hilarant, je trouve). Je ne sais pas si ce sentiment redoutable qu'exercait la pluie, sur moi, pouvait être embellie de telle façon. J'ai commencé la semaine trempée, essayant vainement de proteger mes cheveux lissés sous un parapluie immonde, mais bien utile. Mais, il y a simplement eu quelques appels télephoniques dont le nombre d'heures est infinie et qui m'ont donné envie de vivre. On s'était quelques peu éloigné, mais comme il l'a dit, c'était peut-être simplement pour mieux se retrouver, pour s'aimer encore plus. Nous nous sommes retrouvés, sa voix dans mon téléphone a le pouvoir miraculeux de soigner tous mes maux. Il m'a prouvé qu'il était encore là pour moi, et qu'il le sera toujours au fond. Quand il pleut, quand je pleure, ou que j'ai envie de pleurer, je peux m'effondrer sur ses bras comme s'il avait toujours été présent. Oui voilà, retrouver Rodolphe, aussi proche que l'on a été avant, ca me fait du bien. Et rien que de l'entendre me glisser entre deux sonneries, "On s'apelle ce soir", me fait aimer tous les soirs à venir. Je l'aime, lui, c'est tout. Certains evenement de cette semaine m'ont profondemment marqué. En partant du plus simple, Paris m'apelle toujours de très loin, Cha m'apelle et sa voix résonne aussi, aussi loin que Paris. Et puis, il y a eu cette matinée que le monde entier attendait en quelque sorte. Celle ou ma mère m'a reveillé en me criant, "C'est Obama, le nouveau Président des Etat-Unis". Et cette journée, malgré la pluie, fut teinté d'un sentiment de victoire. On se sentait tous plus ou moins américains ce jour-là, et tous les autre d'après. Non seulement grace à nos opinions politiques, mais aussi parce que l'on venait de vivre un des plus grand moment d'histoire de la planète. Je crois que certaines personne ne se rendent pas bien compte. Elles ne se rendent pas bien compte de l'impact que cela peut avoir qu'un président noir soit élu seulement une cinquantaine d'année après l'époque où le racisme dominait dans tous les Etat-Unis. "Au I Have A Dream de Martin Lutherking, Obama répond: Yes, We Can". Et je ne pourrais vraiment expliquer pourquoi cette phrase me fait simplement pleurer. J'étais alors durant ces quelques jours, et encore à présent dans un état de joie et d'émotion intense. Et puis, le temps est passé et la dernière soirée est arrivée. Nous étions en train de grelotter sur le trottoir en face de chez lui, j'aperçois son ombre se dessiner à la fenètre de sa chambre, il descend nous chercher. J'épluche minutieusement chaque détails de sa chambre, comme si cela allait m'aider à reflechir, à éclaircir ce que je pense. Nous sommes entassés à l'arrière de sa voiture (encore une fois), et la musique est merveilleuse. Je retrouve son sourire, à lui, celui qui sera toujours là. Et la soirée fut belle, mais troublante. J'ai peu à peu souri à des gens que je ne connaissais pas, et que j'ai très vite apprécié. De quelques sourires partagés furtivement, nous sommes arrivés à nous prendre dans les bras au moment du départ. C'est étonnant comment des liens peuvent se former au cours d'une soirée. Rien n'allait dans le bon sens, tout était flou, fou et dépravé. Mais tout était resplendissant. Il fait noir, la lumière des spots m'éblouit et me donne envie de vomir. Les chansons envahissent entierement notre corps et nous dansons un peu tous ensemble et n'importe comment. On chante de la même façon. Quand tu n'en peux plus de crier, tu sors t'asseoir sur un banc, respirer l'air froid de la nuit, ou prendre des photos avec ton portable en face du miroir des toilettes, avec elle. (Yes, We Barbie!). Finalement tu ne sais plus trop où tu en es, ni ce que tu veux. Tu parles à chaque fois un peu plus à ces gens, vous faites des pâtes au milieu de la nuit parce que vous avez faim. Et tu continue à rêver de ce baiser volé sur sa joue timide. Tu es avec quelqu'un, mais ton regard se perd vers l'autre bout de la salle, vers quelqu'un d'autre. Tu finis par t'y perdre toi-même et ne résiste plus à rien. Tu laisses ta tête s'endormir sur lui, et n'essaie même plus d'y penser. Tu te réveille avant eux, et les regarde dormir, comme des gamins. Et c'est infiniment agréable de les regarder dormir. Tu ravales un leger goût d'amertume et regardes une dernière fois son reflet dans le miroir de la voiture. Cette soirée fut simplement folle et éblouissante. J'attends l'appel de Rod, il est completement perché, mais même dans cet état là, il pense à moi et s'occupe de moi (Tu veux un oreiller?). Merci Rod. Pour tout. Après quelques heures de sommeil, je me réveille en attendant que l'hiver revienne.

Photo: Barack Obama
Yes, we can.

# Posté le lundi 03 novembre 2008 12:14

Modifié le lundi 10 novembre 2008 16:07

Personne ne lui résiste au fond à la musique. On n'a rien à faire avec son coeur, on le donne volontiers. Faut entendre au fond de toutes les musiques l'air sans notes, fait pour nous, l'air de la mort. (Louis-Ferdinand Céline)

Personne ne lui résiste au fond à la musique. On n'a rien à faire avec son coeur, on le donne volontiers. Faut entendre au fond de toutes les musiques l'air sans notes, fait pour nous, l'air de la mort. (Louis-Ferdinand Céline)

Et puis tout a recommencé. Tout dans ces moindres petits détails malheureux et pleins de haine. Tout a recommencé mais pas dans l'ordre que je voulais, non pas comme cela, mais bien plus mal encore. Je suis rentrée chez moi, et il pleuvait encore. Ou il y avait trop de vent et trop de larmes, qui l'annonçait cette pluie. J'aurais du m'en douter, je le savais pourtant. Mais j'étais bien trop fière pour le dire, que moi, je ne voulais pas que cela se passe comme ça, que je voulais simplement tout le contraire, vraiment tout le contraire. Puis, j'ai gardé ma fierté, toute souriante, avec la joie qui s'affichait sur les visages, et moi, au milieu. Non, rien ne sera plus vraiment pareil au fond, et le poids de l'absence de son rire à mes cotés est déjà bien trop lourd à porter. Alors voilà, tout était pitoyable, glacé et pitoyable. Et je ne savais plus très bien si mes sourires cachaient ma colère ou bien si au fond tout n'allait pas si mal que ça. Car ce matin là, quand j'ai de nouveau aperçu la lueur de leurs yeux, je crois que toute ma haine était déjà partie. J'aurais peut-être fait semblant, mais non. Il crie, ca faisait tellement longtemps, et puis cette saleté de schizophrénie avec lui, ça me manquait. C'est à peine si nous avons eu le temps de nous retrouver, mais déjà on sentait que le poids de cette rentrée s'envolait, juste parce que l'on était ensemble. Ensemble. Je regarde autour de moi, je ravale deux ou trois fois ma jalousie. Puis c'est tout. Et, pourtant, quand je me retrouve seule chez moi, j'ai encore ce goût détestable de jalousie dans la gorge, et je ne pourrai pas arriver à le cracher avant bien longtemps, je le sais. C'est comme ça que les sourires ont chassés ma mélancolie. Cette mélancolie affreuse des jours qui me semble pourtant déjà si loin. Le soleil sur ma peau, et les cris résonnant au milieu des éclaboussures d'eau salées. Nos ombres dans la nuit qui n'en peuvent plus de tourner, et qui se laissent doucement glisser contre un mur, nos rires s'échappant dans l'obscurité. Puis, les brumes merveilleuses de rêves dans lesquelles je nageais à ses cotés, dans les rue de Paris. Oui, tout cela me parait déjà loin, beaucoup trop loin, et arrache des petits bout de moi. Peut-être que certaines personnes me sont indispensables, c'est un peu comme si l'on m'empêcher de respirer, de me les enlever. Et c'est aussi pour cela, que cette année, je ne pourrai pas respirer le même air qu'avant. Parce qu'elle et lui, ils me sont aussi indispensables que cet air dont nous avons tous besoin. Mais quelque chose comme un orage effroyable m'a séparé d'eux. Et pourtant, malgré le manque d'air, tout cela ne peut m'empêcher de rire à mon tour. Je croise ses lunettes rouges à un détour de rue, son sourire immense se cacher sous ses cheveux. Peu à peu, nous avons de nouveau envahis l'herbe du parc, et comme aux premières heures de notre première année, nous étions seulement heureux d'être là. Cependant les choses ont bien changés désormais, et les gens qui nous entourent font désormais partie de notre vie. Les accords de guitare recommencent lentement à résonner sous sa voix, et le soleil traverse les feuillages pour venir se poser quelque part entre nous. Et, on retrouve la même magie. Et c'est sans doute pour ça, que de me dire que je me ferai de nouveaux amis m'insupporte, car je ne pense pas que j'en ai besoin, d'autres amis, ils me suffisent amplement, c'est eux, et seulement eux que je veux. Voilà comment tout à commencer. Cette année j'ai décidé d'être heureuse, c'est tout. Et tu croises des gens dans la rues, qui te font un signe lointain pour t'inviter à boire quelque chose. Et soudain tout va mieux. Retomber dans les bras de ces gens, s'asseoir sur un banc et se raconter nos vacances. Lire quelques mots écrits au blanco sur des pages déchirées. Avoir de nouveau l'impression que l'amour tourne dans votre tête. Et que tout le monde n'en finit plus d'être heureux, tout le monde l'a ravalé sa peine, tout le monde a craché ce sal goût de jalousie, tout le monde dégueule de bonheur, et tout est bien ainsi. Alors voilà, comme je vais laisser le temps couler au milieu des heures de cours ( qui vont nettement plus m'intéresser, première littéraaaaaire), et des choses inutiles. Et ce temps qui se faufilera à travers tout cela sera débordant de leurs sourires.

Photo: Extraite du Film Sweeney Todd,
réalisé par Tim Burton.

# Posté le jeudi 04 septembre 2008 14:59

Modifié le jeudi 11 septembre 2008 16:45

Rajoutez deux lettres à Paris, et c'est le Paradis.

Rajoutez deux lettres à Paris, et c'est le Paradis.

Tu sais, elle et moi, ça a toujours été différent. Et, depuis, je ne serais plus jamais seule. Quelques jours après, tu vois encore la lueur de son sourire, et tu n'aimerais vivre rien que pour ça, en écoutant sa voix enregistrée, au milieu de tes larmes. Vous vous étiez faites une promesse. Et même après l'avoir concrétisé, tout te semble encore irréel. Ces jours étaient teintés de magie, et mes yeux ont survolés cette magie pour lui accrocher des bouts de réalité. Comme ça. D'ici, on a l'impression de voler. Mais je n'arrive pas à écrire un texte décent; alors je ne cesse de le recommencer. Je suis en train d'écouter la bande originale de Sweeney Todd (Tim Burton, notre amour), dans l'espoir que la musique me guide, une fois de plus. Epiphany. Je n'ai pas la moindre envie de raconter ce que nous avons fait chaque jour, tout cela est intimement reservé à mon doux souvenir. Mais tout de même,... Tout a commencé comme cela. Nous avons mangé des glaces à Anvers en regardant le découpeur d'ombres, et nous nous sommes baladées au milieu de la multitude de crayons en mouvement. L'air d'accordéon me faisait doucement réalisé que j'étais à Paris, que j'étais avec elle. Tu as toujours un peu plus de mal à reconstruire les moindre images, mais vos silhouettes glissant doucement sur les pavés du bord de Seine sont encore perdues quelque part. Tu t'arrêtes devant les petites boîtes à musique. La Vie en Rose. Et, nous la fredonnons encore. Quand il me prends dans ses bras. Le métro, puis son rire, quand les porte vitrées se ferme devant un passager pressé. Nous descendons la Rue de Rome, tu sais, celle où je veux vivre. La Musique est partout, mais tout est fermé. Alors, on se laisse doucement guider par nos rêves. Les quartiers sont tous un peu plus beau, sont tous un peu plus différents. Et puis, tu n'as que la folle envie de te perdre, juste pour voir. Rire de choses stupides, mais rire tout de même. Chaque soir, nous faisions la promesse intelligente de lire des choses profondes et chaque soir, nous nous retrouvions devant des magasines féminins, un peu moins profonds que la lecture de futures premières littéraires, mais après tout. Notre passé à nous deux est construit de chansons, et nous les chantions, encore ensemble. Paris, comme la plus belle ville du monde. Je reviens donc au milieu de ce chaos étourdissant et mélodique. Je ne sais plus vraiment où je suis. Je ne sais plus vraiment où aller. Mais elle est là, toujours et je la suis dans les labyrinthes gris du métro. Nous nous enfuyons. Vous tourbillonnez sur les quais de Seine, après avoir décortiqué les vieux livres des bouquinistes, pris quelques photos, et regarder le soleil se coucher sur un pont. La lumière qui se reflétait sur la Seine donnait à la scène des airs de contes de fées, et la Tour Eiffel, comme un château ensorcelé, éclairé de bleu, nous absorbait. Tu te croit un peu plus libre chaque secondes. La musique s'est arrété, mais je ne cesse d'écrire pour autant. Nous ne savons plus trop où nous sommes, la nuit nous enveloppe mais elle est tellement agréable. Nous nous arrêtons de nouveau sur un pont. Les ponts te donne aussi l'impression de voler, et de pouvoir te donner le droit de posseder tout cela.Tes yeux n'en peuvent plus de voir tout ça. Ils sont perdus, ils aimeraient rester accrocher ici. On fait des test dans le métro et on se gave de Starbucks, comme on avait dit .Mes yeux se ferment d'avoir vu tellement de choses splendides. L'odeur de Barbe à Papa nous surprend à la sortie du métro, et nous nous arrêtons quelques instants. Nos pas nous mènes au bord du Jardins des Tuileries, face aux Champs Elysées. On voit tout d'ici, sous les reflets éblouissants du soleil. Les rues sont moins calmes que celle que nous avions traversé quelques heures auparavant. Nos mains se fraient un chemin parmi les vieux vêtements des friperies du Marais. Nous avons retrouvé les sorcières de nos contes pour enfants. Et de milliers de jeunes rêves qui n'avaient pas encore éclos. Je me retrouve dans cet endroit, et je n'en finis plus de ne vivre que pour ça, pour pouvoir y retourner, avec elle, et y vivre un jour dans un rêve inaccessible. Nous traversons les Champs Elysées en chantant. Et les rayons de soleils n'ont jamais été aussi beau. Les sourires glissaient sur le temps infini (qui était pourtant bien trop court) et parlaient d'eux-même pour lui dire à quel point je l'aime. Je remonte dans le train, mes yeux remplient de brumes étincelantes de milles étoiles. Paris, comme un Paradis perdu, comme elle et moi, quelque part dans un rêve.

Photo: Baiser à l'Hôtel de Ville de Robert Doisneau.

# Posté le mardi 26 août 2008 14:33

Modifié le dimanche 31 août 2008 18:06

D'emblée, nous fûmes passionnément, gauchement, scandaleusement, atrocement amoureux l'un de l'autre ; désespérément, devrais-je ajouter, car nous n'aurions pu apaiser cette frénésie de possession mutuelle qu'en absorbant et en assimilant jusqu'à la dernière particule le corps et l'âme l'un de l'autre... (Vladimir Nabokov)

D'emblée, nous fûmes passionnément, gauchement, scandaleusement, atrocement amoureux l'un de l'autre ; désespérément, devrais-je ajouter, car nous n'aurions pu apaiser cette frénésie de possession mutuelle qu'en absorbant et en assimilant jusqu'à la dernière particule le corps et l'âme l'un de l'autre... (Vladimir Nabokov)
Nos vacances sont désormais enfermés dans son carnet de croquis. Un carnet neutre et simple, que sa main a embelli tout le long de notre séjour. Chaque dessin évoque un souvenir. Chaque souvenir évoque un sourire. Et cela n'en finit plus. Nos vacances sont enfermés dans ce carnet, qui est, à l'heure présente, quelque part dans Paris. D'autres pages vont se tourner et recouvrir nos visages qu'il ne cessait de croquer. Nos ombres colorés, en dessous d'un rocher, à l'aquarelle. Ce dessin qui reflétait avec un perfection émouvante, ce que chacun de nous ressentait ou devait ressentir. Alors, je me replonge quelques instants dans l'ombre incomplète d'un visage au crayon, au bord de l'eau. Et je revois mon ombre qui lentement se dessine, découpée par les carreaux qui ornent la piscine. Le paréo de ma mère, posé sur mes épaules, s'agite calmement, suivant le vent. Je tiens ce livre dans mes mains. Ce livre qui ne cessera de me suivre tout le long de ces quelques jours. Mes yeux se posent sur les mots fragiles, alors que mes pieds effleurent l'eau bleu piscine. Mon regard se détourne. Mon regard se retourne. Je quitte les mots et pose mes yeux sur les gens qui m'entourent. Je me replonge dans les lignes, puis observent un jeune fille plongeant dans la piscine. Bientôt les mots se confondent à la réalité, les personnages autour de moi deviennent ceux de mon livre. Et tout se mélangent. Jusqu'au moment où je me décide enfin à quitter une bonne fois pour toute les personnages fictifs et à me raccrocher à la réalité. Voilà peut-être la raison pour laquelle Lolita de Nabokov, m'a tant envoûté. Quand j'ouvre ce livre, maintenant abîmé par l'eau salée qui ondule ses pages et saupoudrait de grain de sable, je revis ces deux semaines d'été. Bref, ceci n'apparaît comme n'ayant aucune importance, et je devrais m'arrêtais d'associer tout cela à un carnet de croquis et à un bouquin enchanteur, car ces vacances était bien au-delà du rêve. Les images se fondent dans ma tête. Non pas les images, les sentiments. L'ombre flottant en dessous du soleil. J'essaie de me replonger dans tous ces moments où le temps s'est arrêté, mais ici, j'ai bien plus de mal à me les imaginer. Déjà, il y a cet espèce de sentiment quand je vois ces marches, cette grande piscine bleue, le portillon battant, la balançoire grinçante, les escaliers en pierre descendant à la mer, l'embarcadère, l'enseigne du marchands de glace, le rocher, la cabine téléphonique, et je pourrais continuer. Puis elle arrive, et sa peau halée a encore sa teinte délicieuse, le coin de son rire (car elle ne sourit pas, elle rit), se cache derrière un trace de pâte à tartiner. On prend notre petit déjeuner ensemble. Je me penche au bord de la terrasse. Le soleil réchauffe mes épaules d'une chaleur brûlante et agréable. Et puis je les vois descendre ces escaliers (en pierre toujours). Mon corps frémit et j'arrive enfin à articuler son nom. Ils se retournent. Cours, descends les marches, fonds sur eux. Et les jours passent. Comme si l'on ne s'était jamais quittés. Assis ensemble autour de la piscine, lui qui nous dessine. Et nos rires rompant le silence de l'été. La plage, et ses cailloux, sa mouette blessée, vide de monde à cause du soleil qui commence à se cacher, début de soirée. Le coin d'une serviette au goût salée, le vent qui te fait frissonner. Leurs sourire qui finissent par te réchauffer. Tu commence à courir, tu es pieds nus, tu enjambes les escaliers le plus vite possible. Mais non, il te rattrape, te prend par les poignets et te jettes violemment à l'eau. Tous dans l'eau, tous. Et nous deux qui n'en pouvons plus de courir. Et là, mon grand malheur fut un jour de leur dire que je craignait les chatouilles. Ils me plongent sous l'eau, je suis recroquevillée par mes rires, je remonte à la surface, épuisée, pour pouvoir prendre un peu d'air avant d'être de nouveau prisonnière de leurs mains. Et nous rions ( buvant la tasse, certes). J'ai remarqué que ses cils mouillés faisait ressortir le bleu de ses yeux. Mais ceci n'est qu'une simple remarque. Mais leurs yeux quand même. Doucement la nuit, doucement le froid. La lune qui brille, les moustiques et ce grincement si familier. La balançoire frémit sous notre poids (bien que délicat, haha). Et la peur me prend au ventre, lorsque j'ai l'impression de m'envoler dans la nuit, alors qu'il se balance le plus haut possible, et que je suis assise là, sur ses genoux. Suivant la danse hypnotique de la balançoire. On marche un peu ,on crie un peu. Mais rien ne serait pareil si ce n'avait été mes «imbéciles préférés», car ils sont vraiment doués pour ça. Ils s'allongent sur la route, face contre terre, regardant soi-disant les étoiles, courent devant les voiture, montent sur les voitures ( pour faire du vélo, c'est explicable). Et puis, tout le reste. Les bruit de ses claquettes résonnent dans la nuit, alors que nous courions pour échapper de nouveau à l'une de ces idioties. (nous avons sonné deux fois, deux soirs de suite, mais la maison devait être vide). Et je ne peux retirer ces images hilarantes de ma tête, comme celle de leurs cris, en ville, leurs pistolets en plastique à la main, tirant fictivement sur les passants. La fée clochette, leurs vêtements mouillés. Encore leur cri, son rire. Je m'allonge sur le sable (caillouteux) , elle est à coté de moi, elle lit, non elle dessine, elle aussi. Nous avons bu encore trop de jus de fruit (ce qui est dangereux pour votre santé, ne l'oublions pas). Mes jambes ne se décident toujours pas à bronzer, peu importe. Elle me regarde en souriant. Oui, nous sommes ensemble, comme si rien ne pouvait nous séparer. Bon, on va les chercher? Et la course folle reprend. Ils croient qu'ils peuvent voler. Le reflet de la lune sur l'eau est enchanteur. Et les heures passées à somnoler avec eux sur les carreaux brûlants, n'est rien que du temps perdu allégrement bien. Je cherche encore des c½urs à chaque détour de rue, mais il faut que je me rende à l'évidence, c'est lui qui en a trouvé le plus. Nous nous entassons les uns sur les autres. Une dernière fois. Je ne peux plus respirer. Je ne veux que l'air étrange qu'il n'y a que là-bas. Et surtout, je veux être avec eux. J'ai essayé d'oublier, No Direction Home de Scorsese est un chef d'½uvre, et je suis définitivement amoureuse de Mr Robert Allen Zimmerman (Bob Dylan pour les intimes). Je suis repartie (moins cependant qu'avant), le festival de Blues, comme pour essayer d'oublier cette mélancolie maladive. Après avoir quitter ses amis. Et garder ses souvenirs précieux, comme dans un rêve je vous dit. Je referme le carnet de croquis, la peinture n'est pas encore tout à fait sèche. J'ai terminé Lolita aujourd'hui. Mais le bouquin traîne toujours sur mon lit. Comme si je ne voulais pas quitter tout ça. Jamais les quitter. (Katia, Oscar, Edouard, Nelson, Achille).

Photo: Extraite du Film Lolita, réalisé par Kubrick

# Posté le dimanche 24 août 2008 18:13